Conseils pour rédiger votre lettre de motivation

Vous pouvez rédiger votre lettre de motivation en français ou en anglais. Maximum 2000 mots.

La lettre de motivation est l’un des documents les plus importants de votre dossier. Au master de sciences cognitives, c’est même le premier document que nous consultons lorsque nous étudions les candidatures.

Pourquoi ?

Votre dossier comprend vos notes et vos bulletins. Parmi les dossiers que nous recevons pour le master, les candidats ont quasiment tous un très bon dossier scolaire. Comment distinguer, alors, tous les excellents dossiers que nous recevons ? Grâce à votre lettre ! La lettre de motivation est l’occasion de montrer qui vous êtes vraiment, au-delà de vos notes et de vos mentions.

L’objectif du master est de recruter des étudiants originaux, ouverts sur le monde, et intéressés par la diversité des enseignements proposés à l’ENS-PSL. Nous ne cherchons pas à recruter les meilleures moyennes, nous cherchons à recruter les meilleurs esprits. C’est corrélé, certes, mais seulement en partie. Aidez-nous à comprendre votre parcours, à savoir ce qui vous anime et quelles sont vos passions scientifiques.

Conseils pour rédiger votre lettre

« Je ne sais pas par où commencer, je suis devant ma feuille blanche depuis deux semaines et rien ne sort. »

Pas de panique. Écrire une lettre de motivation est un exercice très difficile, qui prend du temps. N’essayez pas d’emblée de faire de jolies phrases. Commencez par écrire des morceaux de texte sans chercher à les organiser. Demandez-vous de quoi vous êtes fier ; pensez à des moments de votre vie où vous avez accompli des choses difficiles, et notez-les. Demandez-vous ce que vous aimez dans les sciences cognitives, essayez de vous souvenir de ce qui vous a amené à vouloir les étudier à l’ENS-PSL. Faites une liste des articles de journaux ou de magazines que vous avez lus et qui vous ont interpellé. Si vous avez lu des livres de vulgarisation scientifique en sciences cognitives, notez-les sur un coin de votre feuille. Vous ne garderez peut-être rien de ces notes, mais elles vous aideront à réaliser que vous avez des qualités et elles renforceront votre motivation à candidater. Cette étape peut prendre plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Laissez le temps à toutes ces idées de venir à votre esprit. Ce n’est qu’ensuite que vous vous demanderez comment organiser tout cela selon un plan qui a du sens.

Que mettre dans la lettre ?

Votre lettre doit répondre à trois questions : Qui êtes-vous ? Que venez-vous chercher à l’ENS ? Que voulez-vous devenir ? Voici quelques conseils pour aborder chacune d’elles.

Qui êtes-vous ? Nous avons déjà votre CV. Si votre lettre ne fait que présenter le contenu de votre CV, vous vous privez de l’occasion de dire des choses plus intéressantes sur vous. Profitez de la lettre pour montrer le sens de votre parcours et pour expliquer vos choix. Racontez-nous comment vous avez décidé de vous orienter vers les sciences cognitives. Avez-vous lu des articles dans la presse ? Des livres ? Avez-vous regardé des conférences sur YouTube ? Des TED talks ? Avez-vous suivi des cours en ligne ? Expliquez-nous comment ces lectures ou ces expériences vous ont influencé. Autre point : la plupart des candidats au master n’ont pas encore fait de stage de recherche. Si vous avez une expérience de ce type, racontez-nous ce qu’elle vous a apporté. Mais attention, évitez le « name-dropping » : si vous parlez de telle ou telle chose en sciences cognitives, dites quelque chose de précis.

Que voulez-vous devenir ? L’objectif du master est de recruter des étudiants talentueux académiquement, mais aussi originaux (nous ne cherchons pas un profil de « bête à concours »). Nous recherchons des étudiants intéressés par l’idée d’être formés par la recherche, pour la recherche. Cette formation est valorisée dans tous les métiers de la recherche, mais aussi dans d’autres carrières. De fait, les étudiants du master de sciences cognitives ont des parcours très diversifiés : certains deviennent chercheurs ou enseignants-chercheurs, d’autres créent des start-ups, certains deviennent vulgarisateurs scientifiques, d’autres consultants pour le public comme pour le privé, certains font carrière dans le privé comme data scientists, d’autres travaillent dans des administrations ou des entreprises semi-publiques, comme la SNCF ou EDF. Toutes ces carrières sont valorisées au master. Nous organisons de nombreux séminaires de recherche, mais aussi des séminaires permettant aux étudiants de découvrir la diversité des carrières auxquelles les sciences cognitives donnent accès.

Que venez-vous chercher au master et à l’ENS-PSL ? L’ENS-PSL est une école prestigieuse, ce qui constitue en soi une très bonne raison de vouloir y étudier. Mais ce n’est pas une raison suffisante. Renseignez-vous sur le master, les cours qui y sont donnés et les recherches qui y sont menées ; montrez dans votre lettre que vous avez réfléchi à ce que le département et sa formation pourront vous apporter. Réfléchissez à ce que vous aimeriez étudier dans notre master et, plus largement, à l’ENS-PSL, et expliquez-le-nous.

Un dernier conseil de fond : ayez en tête que votre lettre pourra servir d’appui au jury lors de votre entretien ; attendez-vous donc à être interrogé sur son contenu. Ne survendez pas vos compétences et ne vous inventez pas des lectures incroyablement complexes, cela pourrait vous desservir pendant l’entretien. Mettez plutôt en avant ce dont vous avez le plus envie de parler. Si votre lettre est bien conçue, elle sera votre meilleur allié pendant l’entretien.

Des conseils de forme

C’est le fond qui compte le plus, mais quand la forme est soignée, vous augmentez vos chances de faire une bonne première impression. Quelques conseils :

  • N’écrivez pas une lettre manuscrite.
  • Les couleurs, les illustrations et les polices exotiques sont à manier avec précaution. Si vous n’avez pas une âme de graphiste, optez pour la sobriété (noir sur blanc, Times New Roman, 12 pt, c’est généralement très bien).
  • Veillez à une orthographe et une syntaxe impeccables. Préparez votre lettre très en avance pour pouvoir la faire relire à des personnes de confiance (amis, enseignants, etc.).
  • Évitez les lieux communs (par exemple, « de tout temps, j’ai été intéressé par le cerveau »).

FAQ et idées reçues

« J’ai eu de mauvaises notes en L2, ça ne sert à rien que je postule. »

Ne vous auto-censurez pas. C’est le jury qui décide, pas vous. Si vous ne postulez pas, vous êtes sûr de ne pas être pris ; si vous candidatez, vous vous donnez une chance. Si vous avez eu de mauvaises notes pendant un semestre et qu’il existe une explication, parlez-en dans votre lettre. Ne vous dites pas que le jury ne verra pas les mauvaises notes ; dites-vous plutôt qu’il les détectera, mais qu’il est bienveillant et qu’il voudra comprendre. Avez-vous été malade ? Avez-vous connu des difficultés familiales ? Des problèmes financiers ? Avez-vous travaillé pendant vos études ? Tous ces éléments méritent d’être mentionnés, parce qu’ils nous aident à mieux comprendre vos bulletins.

« J’ai eu de mauvaises notes en prépa, ça ne sert à rien que je postule. »

Les jurys de l’ENS-PSL connaissent très bien le fonctionnement des prépas. Nous savons que la notation en prépa est parfois sévère et que les commentaires des enseignants peuvent être rudes. Nous savons aussi que les notes des étudiants de prépa sont en moyenne inférieures à celles des étudiants de l’université. Encore une fois, pas d’auto-censure. Si vous avez envie de candidater au master de sciences cognitives, faites-le, même si vos notes de prépa ne sont pas éblouissantes. Le jury saura faire la part des choses.

« En dehors de mon parcours scolaire, je suis banal. Rien ne me distingue particulièrement : je n’ai pas d’expériences incroyables à raconter, je ne suis pas un musicien hors pair, je n’ai jamais voyagé en dehors de France, je ne fais pas de missions humanitaires. Ça ne sert à rien de postuler. »

Ce qui nous intéresse le plus dans votre candidature, c’est votre potentiel à tirer le meilleur parti de la vie scientifique et intellectuelle du master et de l’ENS-PSL, et à transformer ce que vous apprendrez ici en un projet de recherche ou un projet professionnel qui aura un impact positif sur la société. Ce potentiel est déterminé par deux choses aussi importantes l’une que l’autre : vos capacités académiques d’une part (réussissez-vous dans vos études ?) et vos capacités socio-comportementales d’autre part (êtes-vous sérieux, discipliné, travailleur, persévérant ? Êtes-vous capable de rebondir après un échec, de comprendre qu’une erreur n’est qu’un signal qu’il faut continuer à apprendre ? Avez-vous l’énergie d’entreprendre de nouveaux projets ?). Ces qualités se reflètent parfois dans certains loisirs : faire du violon depuis dix ans au conservatoire traduit probablement de la discipline et de la persévérance. Mais elles s’expriment aussi, et souvent de manière plus frappante, dans d’autres domaines de la vie : être sportif demande de la discipline et de la persévérance ; mener de front des études et un travail étudiant demande de la discipline et de la persévérance ; et il faut un certain courage pour quitter sa ville natale et aller étudier ailleurs en France (bien plus qu’il n’en faut pour parcourir le monde en vacances). Racontez-nous qui vous êtes, et aidez-nous à évaluer votre potentiel.