L’écologie scientifique s’est surtout intéressée aux échanges de matière et d’énergie. L’« écologie sensorielle » adopte une autre perspective, centrée sur l’acquisition de l’information et sur la façon dont les organismes vivants répondent à cette information sensorielle pour organiser leurs interactions avec leur environnement terrestre ou marin. Von Uexküll (1921) fut le premier promoteur de l’écologie sensorielle à souligner l’unicité des mondes sensoriels dans lesquels vivent les différents organismes et, par conséquent, à reconnaître la nécessité d’identifier les caractéristiques de l’environnement pertinentes pour chaque espèce. Cette information sensorielle est cruciale pour comprendre comment les organismes vivants répondent aux changements environnementaux rapides induits par l’humain. L’écologie sensorielle peut alors servir d’outil dans les stratégies de conservation et de gestion, pour comprendre comment certaines espèces réagissent à ces changements rapides et comment en atténuer les impacts négatifs. Ce cours interdisciplinaire se situe à l’interface de la neuro-éthologie, de l’écologie, de la psychologie expérimentale et de la philosophie. Son but est de familiariser les étudiantes et étudiants avec les concepts fondamentaux de l’écologie sensorielle et d’amorcer une réflexion sur ses applications à l’humain. Le cours commence par une présentation générale du cadre conceptuel de l’écologie sensorielle, suivie d’une présentation de la diversité des « mondes sensoriels » visuels, auditifs, tactiles et chimiques des mammifères, oiseaux, amphibiens et insectes. Cette présentation est ensuite enrichie d’une problématisation et d’une analyse philosophique des questions et concepts de l’écologie sensorielle. Elle se conclut par une présentation des enjeux écologiques liés à la « pollution » acoustique, visuelle et chimique des habitats, aux « zones de danger sensoriel » et aux « pièges écologiques ».
Cours
Écologie sensorielle humaine
Enseignement assuré par C. Lorenzi