Le contenu de ce cours change chaque année ; cette année, il sera assuré par Pierre Jacob et portera sur :
La mentalisation humaine : portée et limites
Mentaliser, c’est attribuer un état mental (par exemple une croyance, une intention, un désir, une émotion, etc.) à soi-même et à autrui, c’est-à-dire former une croyance sur son propre état mental ou sur celui d’autrui. La capacité cognitive de mentaliser a largement été tenue pour acquise par les philosophes qui ont abordé des énigmes logiques telles que l’opacité référentielle, l’intensionnalité de l’attribution de croyances et l’aspectualité des croyances. Le cours passera en revue ces énigmes philosophiques, mais il accordera une attention particulière à l’étude, en psychologie du développement, de la façon dont la capacité de mentaliser apparaît dans l’ontogenèse humaine (et, dans une certaine mesure, dans la phylogenèse). Il examinera le rôle central attribué à la capacité d’attribuer de fausses croyances à autrui. Il abordera l’énigme soulevée par des résultats développementaux divergents et comparera les différentes solutions proposées au cours des dix dernières années environ. En particulier, il évaluera les approches dites à double processus (ou à deux systèmes) de la mentalisation. Comme le cours abordera aussi certaines limites de la capacité humaine de mentaliser, il soulignera à quel point la capacité humaine d’attribuer des raisons dépasse la capacité humaine de mentaliser.